Le « Stop » de Besarab Nicolescu

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Voici un propos de Besarab Nicolescu qui me parle. C’est un physicien franco roumain spécialisé en physique quantique, ancien chercheur au CNRS. Nous voici à la croisée des chemins : vivre ou mourir. Quel sera le choix des humains, en particulier des décideurs de tous poils ?
(Titres et images sont du blog )

« Tout se passe comme si un ordre « STOP ! » avait été donné sur le plan planétaire. Bien entendu, ce n’est pas cette entité sommaire et sans conscience de l’infiniment petit, le coronavirus, qui a donné cet ordre. Cet ordre semble émaner du mouvement cosmique lui-même perturbé par le rêve fou de l’être humain de dominer et manipuler la Nature. Tout s’est arrêté soudainement pour la moitié des pays du monde. Cette immobilité n’a pas manqué de nous révéler toutes les failles de la mondialisation centrée sur le profit et l’argent. Mais lesquels, parmi les politiciens et les dirigeants du monde, seront ceux qui auront les yeux pour voir ? Nous sommes plongés dans l’aveuglement des ténèbres de nos habitudes de pensée et des idéologies du progrès, en décalage total avec la réalité.

Une évolution spirituelle personnelle conditionne celle de l’humanité

Comment ouvrir les yeux à ce qui se passe ? A mon sens, la seule solution est l’évolution spirituelle de l’humanité toute entière. Elle seule pourrait prendre en compte tous les niveaux de Réalité et le Tiers Caché. Tout se passe aussi comme si un ordre « STOP ! » avait été donné sur le plan individuel. Nous sommes soudainement en face de nous-mêmes, devant le mystère de notre être, donnant ainsi l’occasion exceptionnelle d’une évolution spirituelle pour chacun de nous. Cette évolution spirituelle de chaque être humain conditionne celle de l’humanité. Nous découvrons ainsi que le sous-développement spirituel de l’être humain et de l’humanité est la vraie cause de la crise que nous traversons et que nous allons traverser.
Mais de quelle spiritualité s’agit-il ? Il s’agit d’une spiritualité radicalement nouvelle, transreligieuse et transculturelle. La transdisciplinarité offre les outils de l’instauration d’une telle spiritualité, fondée sur la communauté de destin de tous les êtres de la terre. Il y a deux mille ans, le plus grand visionnaire de tous les temps, Jésus, demandait « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5 :44). Sans amour rien n’est possible pour agir sur notre destin. Le monde de l’époque a refusé un tel message et il a préféré tuer Jésus. Deux mille ans après, nous sommes exactement dans la même situation, au bord de l’autodestruction de l’espèce, danger augmenté depuis par le développement technologique et les immenses moyens de destruction. L’anthropocène sans dimension spirituelle va nous mener au bord de l’abîme.

Un orgueil qui nous mène à la mort

Nous devons faire, avec une grande humilité, un nouveau pacte de partenariat avec la Nature et avec tous les êtres de la terre – humains, animaux, oiseaux, arbres, plantes. Nous devons arrêter de souiller la Nature par notre orgueil démesuré et notre désir de toute-puissance. Toute guerre devrait être proclamée comme un crime contre l’humanité et tous les moyens de destruction devraient être détruits. Tout cela peut être compris comme une utopie qui va à l’encontre du principe de réalité. Une réponse possible est celle de Michel Houellebecq : « Je ne crois pas aux déclarations du genre « rien ne sera plus jamais comme avant ». Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire ». Si l’on contemple le comportement des dirigeants politiques et de l’opinion publique en cette période de crise il est à craindre que Michel Houellebecq ait raison. Les politiciens reprennent leur langage habituel d’hostilité réciproque et ceci va engendrer des tensions considérables sur le plan social. Le bombardement médiatique nous plonge dans un climat anxiogène où, paradoxalement, même la mort prend une dimension abstraite : un mort est juste un nombre dans une statistique. Rien de la souffrance de celui qui meurt, seul, étouffé par le coronavirus, n’arrive jusqu’à chez nous.

L’homme doit naître à nouveau s’il veut vivre

Ceci est une preuve éclatante de notre sous-développement spirituel. L’hypothèse cachée du raisonnement de Michel Houellebecq est l’impossibilité que l’être humain puisse évoluer. Mais une autre solution existe. L’homme doit naître à nouveau s’il veut vivre. Notre tâche est immense. Essayons de ne pas être hypnotisés par la multitude de prophètes de
malheur et de penseurs apocalyptiques de tout genre, qui prédisent la chute de l’Occident et la disparition de notre monde.
D’ailleurs le mot « Apocalypse » ne veut pas dire « fin » ou « destruction », mais « Révélation ». Nous avons la chance d’avoir devant nos yeux, ici et maintenant, une extraordinaire Révélation qui peut nous permettre d’accéder à la Vie et au Sens.
Je suggère de lire, en ces temps difficiles, l’extraordinaire livre de Paule Amblard Saint Jean – L’Apocalypse, illustrée par la tapisserie d’Angers 1. Paule Amblard nous offre une interprétation cohérente de L’Apocalypse de Jean par la nécessité de l’évolution spirituelle de l’homme. Les fléaux épouvantables qui traversent le texte de L’Apocalypse sont, en vérité, les tourments de l’âme humaine séparée de ce qui la fonde. L’Apocalypse de Jean est un message d’espoir et d’espérance. »

 1 Paule Amblard, Saint Jean – L’Apocalypse, illustrée par la tapisserie d’Angers, Diane de Selliers Éditeur, Paris, 2017.

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