« Pars, va vers toi… »

Cascade de la pie dans les Clues de Verdache

En octobre 2018, j’écrivais à mes enfants : « … La nature se pare de tous ses atours en peignant ses feuilles automnales qui viendront tapisser le chemin du Roi juste avant son Passage. Comme pour une Fête-Dieu. Jaune, orange, mordorée, fuchsia, violine, toutes les couleurs sont prêtes pour l’honorer.
Sûr ! Il passe aussi par là. Il arpente toute sa création soir et matin pour voir si, pour demain, le chemin du randonneur est prêt.
A quoi servirait tous ces efforts pour Dieu seul si l’homme ne s’en émerveillait pas ? Car il s’agit de l’ouvrir à la Beauté. Il en a tant besoin ! Saura-t-il voir son Dieu qui se démène ?… »
Et, en écho, dans ma méditation du jour je recevais cette confidence exprimée par Jean de La Croix :  » En hâte, il a passé par ces bocages et les parcourant du regard, par son seul visage, il les a laissés vêtus de beauté « .

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Il me faut me déconnecter

C’est non sans appréhension que, chaque matin, j’ouvre ma boite mail. En effet, la multiplicité des appels aux dons et aux signatures pour toutes sortes de raisons louables, nobles  et nécessaires me submerge littéralement. J’ai l’impression que toute la misère du monde me tombe dessus en début de journée. Déprimant !
Aller sur les réseaux sociaux est du même acabit. Chacun y va de son engagement humanitaire et m’invite à signer, signer, signer….
Répondre aux appels multiples de manifs diverses (violences, urgences sanitaires, élections municipales et autres soutiens et mobilisations) m’épuisent à l’avance.
Et pour couronner le tout, les médias assènent leurs mauvaises nouvelles ad nauseam  à toutes les pages ou toutes les émissions.
Et j’en arrive à me culpabiliser de ne pas faire ce qu’il faut ou de me désinscrire de toutes ces sollicitations… un comble !
L’agitation humaine effervescente et négative des medias me sa-tu-re !
Overdose !
Il me faut me déconnecter.

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Violences institutionnelles et autres joyeusetées

PARIS – 2 JUIN 2020 : rassemblement comité adama devant TGI Paris. – NnoMan

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »


Jamais cette réflexion d’Helder Camara n’a semblé aussi pertinente qu’aujourd’hui. Nous voyons la violence institutionnelle aux Etats-Unis où un président raciste envoie l’armée pour mater son propre peuple. En France, les pouvoirs publics restent sourds aux appels des plus pauvres depuis des mois (gilets jeunes) et aux réclamations des exploités (soignants dans les hôpitaux par exemple que l’on remercie avec des merdailles après tant d’abnégation de leur part). Ils répondent à tous ceux-là par des répressions policières, jamais vues jusqu’ici, avec une militarisation d’armes et de moyens (vidéos, drones…) de plus en plus sophistiquées.

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Humeurs en sortie de déconfinement. A l’écoute du « Sacré ».

Cette semaine, première sortie en montagne, dans les gorges de Trévans, après le confinement. Plus longue bien sûr que l’heure journalière permise pendant les replis à domicile.
Je n’ai pas eu à me plaindre de cet enfermement étant plutôt privilégié : vue splendide et calme ont fait le bonheur de mes jours de retraité confiné.
Par contre, cette  longue sortie a été un moment fort d’émerveillement et une source de paix intérieure. Comme des retrouvailles. Peut-être cette capacité d’émerveillement est-elle le chemin de l’intériorité.

Le « Stop » de Besarab Nicolescu

Voici un propos de Besarab Nicolescu qui me parle. C’est un physicien franco roumain spécialisé en physique quantique, ancien chercheur au CNRS. Nous voici à la croisée des chemins : vivre ou mourir. Quel sera le choix des humains, en particulier des décideurs de tous poils ?
(Titres et images sont du blog )

« Tout se passe comme si un ordre « STOP ! » avait été donné sur le plan planétaire. Bien entendu, ce n’est pas cette entité sommaire et sans conscience de l’infiniment petit, le coronavirus, qui a donné cet ordre. Cet ordre semble émaner du mouvement cosmique lui-même perturbé par le rêve fou de l’être humain de dominer et manipuler la Nature. Tout s’est arrêté soudainement pour la moitié des pays du monde. Cette immobilité n’a pas manqué de nous révéler toutes les failles de la mondialisation centrée sur le profit et l’argent. Mais lesquels, parmi les politiciens et les dirigeants du monde, seront ceux qui auront les yeux pour voir ? Nous sommes plongés dans l’aveuglement des ténèbres de nos habitudes de pensée et des idéologies du progrès, en décalage total avec la réalité.

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Il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé

Le Haut-comité supérieur pour la fraternité humaine est un organisme indépendant regroupant des leaders religieux, des chercheurs en éducation et des personnalités culturelles du monde entier, Il est voué à la réalisation des objectifs du Document sur la fraternité humaine(1)  signé par le Pape François et le Cheikh Ahmed el-Tayeb, grand imam d’Al-Azhar, lors du voyage apostolique du Pape aux Émirats Arabes Unis en février 2019.
Le Haut-Comité pour la fraternité humaine, a appelé les leaders religieux et les croyants à travers le monde à une journée de jeûne, de prières et de participation à des œuvres de charité, le jeudi 14 mai dernier pour « implorer Dieu d’aider l’humanité pour mettre fin à la pandémie inédite du coronavirus » .

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Il s’appelle Maloïs !

Age : 3 heures

Je vous partageais ici mon émerveillement sur la grossesse de ma fille.
Voilà : Son garçon est né la nuit dernière, non sans mal : fièvre, péridural, antibiotiques, césarienne mais l’heure est maintenant au bonheur d’avoir enfanté !
Lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, la mère « ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde ».
Contraction de Malo et de Loïs, Maloïs est son nom. Ce petit bout pèse 3,6 kg et mesure 50 cm …
Et je viens d’ajouter son prénom à mon dictionnaire Word !

Je suis heureux de cette naissance. Elle dit que la vie continue malgré les soucis de notre Monde. Elle est un gage d’espérance en l’avenir. Une promesse de solidaire fraternité à bâtir ensemble pour s’en sortir.
Il faut, je crois, une bonne dose de confiance et d’amour pour tous les parents de la terre aujourd’hui pour s’engager de la sorte.
Mettre au monde un enfant aujourd’hui est un acte de foi en la Vie.

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Lettre à Diognète

Il est fait souvent référence ces derniers temps à la « lettre à Diognète » sur les réseaux sociaux, en particulier religieux ou apparentés. La polémique soulevée par certains évêques français en opposition au gouvernement pour ouvrir les lieux de culte le plus tôt possible a ravivé les difficultés de relations pour certains concernant la liberté de culte au sein d’un état laïc.
Un programme dans cette lettre est décliné pour décrire un chrétien dans la cité :
Il ne se distingue pas parle langage ou les coutumes.
Il obéit aux lois de l’Etat et aux devoirs du citoyens ordinaires.
Il est l’âme du monde et le fait vivre.
Il aime ceux qui le détestent.

On comprend donc combien ce document est d’actualité face aux désirs de certains clercs et croyants de se singulariser et dire leurs différences. Cette « piqûre de rappel » avec ce texte mérite l’attention de ceux et celles des croyants qui voudraient se situer « hors du monde ».
Ce vieux manuscrit des années 190-200 a été écrit sans doute à Alexandrie. On ne connait pas l’auteur.
C’est un certain Thomas d’Arezzo en 1436, qui le découvre parmi des papiers d’emballage dans une poissonnerie de Constantinople. Il s’empresse d’acheter ce document qui n’est autre que la copie du texte original qui avait disparu…
voici quelques extraits (le document entier peut être lu ici)
:

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Le Masque

Depuis l’aube des temps les relations entre les hommes se sont faites en face à face, de visage à visage, de regard à regard, de personne à personne.
Avec  l’apparition du masque dans l’Antiquité quelque chose d’essentiel de l’individu devient caché. Il avait pour objet de « prendre » la physionomie et les expressions d’un tiers pour mieux reproduire des types de personnalité dans les comédies ou les tragédies théâtrales anciennes .
Le masque cache, déguise, trompe.

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Tous des hommes

Ce qui me frappe pendant ce temps de pandémies, sans vouloir bien sûr généraliser, c’est l’existence franche de deux groupes : les pros et les antis… quelque soit le sujet.
Nous les retrouvons à la fois dans le société et dans les religions.
Le clivage est net et ne fait appel à aucune tolérance.
Dans la société, le confinement ou pas, sa levée,  l’hexachlorodine ou non, l’accès aux plages, la reprise scolaire, tout devient sujet à avis péremptoire et souvent définitif.
Il y a ceux  qui voient une occasion inespérée de remettre, autant que faire se peut, les pendules à l’heure en ce qui concerne un renouveau écologique planétaire et ceux qui veulent retrouver rapidement  l’économie d’avant, comme si rien ne s’était passé.
Solidarité contre égoïsme.

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