Histoires de femmes

Le trou St Martin est dans l’échancrure située au 2/3 de la barre à droite

Face à chez moi se dresse, au loin, la grande barre des Dourbes solidement amarrée au Pic de Couard. 17 kms de long (la plus grande d’Europe dit-on), elle surligne l’horizon entre ciel et terre à 1730 m d’altitude. Chaque soir son grès blanc s’illumine des couleurs du soleil couchant. Toutes les palettes de couleurs y passent au gré du jour, de sa limpidité, de ses éventuels orages. Voilà bien longtemps que ce massif « m’appelait » et jeudi dernier j’ai pu gravir et arpenter la crête, sur 12 kms, du Pas de Tartonne au Pas de la Faye (prononcer faille. le ‘Pas’ dit le ‘Passage‘) . En découvrant par le haut le « trou Saint Martin » qui deux fois l’an, le 11 novembre et le 30 Janvier laisse passer le soleil, très bas à ces saisons, pour venir illuminer une petite minute le rocher Saint Martin bien en contrebas.

Le décor étant planté, j’en viens au sujet de mon billet. Allez donc savoir pourquoi, dans mon semi sommeil, la nuit suivante cette marche et cet environnement m’ont fait pensé à Rahab la prostituée et à… Anne Soupa. Avant de vous dire pourquoi je vous présente ces deux figures de femmes :

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Il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé

Le Haut-comité supérieur pour la fraternité humaine est un organisme indépendant regroupant des leaders religieux, des chercheurs en éducation et des personnalités culturelles du monde entier, Il est voué à la réalisation des objectifs du Document sur la fraternité humaine(1)  signé par le Pape François et le Cheikh Ahmed el-Tayeb, grand imam d’Al-Azhar, lors du voyage apostolique du Pape aux Émirats Arabes Unis en février 2019.
Le Haut-Comité pour la fraternité humaine, a appelé les leaders religieux et les croyants à travers le monde à une journée de jeûne, de prières et de participation à des œuvres de charité, le jeudi 14 mai dernier pour « implorer Dieu d’aider l’humanité pour mettre fin à la pandémie inédite du coronavirus » .

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Lettre à Diognète

Il est fait souvent référence ces derniers temps à la « lettre à Diognète » sur les réseaux sociaux, en particulier religieux ou apparentés. La polémique soulevée par certains évêques français en opposition au gouvernement pour ouvrir les lieux de culte le plus tôt possible a ravivé les difficultés de relations pour certains concernant la liberté de culte au sein d’un état laïc.
Un programme dans cette lettre est décliné pour décrire un chrétien dans la cité :
Il ne se distingue pas parle langage ou les coutumes.
Il obéit aux lois de l’Etat et aux devoirs du citoyens ordinaires.
Il est l’âme du monde et le fait vivre.
Il aime ceux qui le détestent.

On comprend donc combien ce document est d’actualité face aux désirs de certains clercs et croyants de se singulariser et dire leurs différences. Cette « piqûre de rappel » avec ce texte mérite l’attention de ceux et celles des croyants qui voudraient se situer « hors du monde ».
Ce vieux manuscrit des années 190-200 a été écrit sans doute à Alexandrie. On ne connait pas l’auteur.
C’est un certain Thomas d’Arezzo en 1436, qui le découvre parmi des papiers d’emballage dans une poissonnerie de Constantinople. Il s’empresse d’acheter ce document qui n’est autre que la copie du texte original qui avait disparu…
voici quelques extraits (le document entier peut être lu ici)
:

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La « stabulation libre » ou quatrième lettre aux amis confinés

Je vous partage ce long et dense propos de François Cassingena Trévedy.
Peu de commentaires s’imposent si ce n’est une invitation à prendre le temps de l’habiter.
Je vous invite à vous abonner à sa page Facebook, qu’il appelle « le livre des visages ».
https://www.facebook.com/francois.cassingenatrevedy/posts/3174659166091901

Chers amis, encouragé par votre invisible présence, par les manifestations si nombreuses de votre assentiment, par la belle densité de vos réponses (j’aimerais pouvoir répondre à chacun de vous), je reviens au rendez-vous et me sens désormais votre obligé. Saurai-je vous dire assez combien vous m’êtes précieux et combien vous me donnez à espérer en ces temps où notre espérance est parfois mise si rudement à l’épreuve et où l’on peut rencontrer, à l’occasion, une étonnante l’hostilité ? Il me semble que nous formons désormais une réelle communauté qui prend de la consistance, de la cohésion, de la profondeur.

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Lettre aux mouvements et organisations populaires

A se focaliser sur le Covid 19, les médias mainstreams ne nous ouvrent guère à d’autres événements tous aussi importants.
En plein pandémie, le jour de Pâques, le pape François écrit une lettre aux mouvements et organisations populaires (rien que ces appellations n’intéressent pas les médias !)

Qui sont ces destinataires ?
Essentiellement des acteurs de terrain qui agissent concrètement au service de personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires partout dans le monde.
Que leur dit-il ?« Vous revendiquez vos droits au lieu de vous résigner et d’attendre que tombent les miettes de ceux qui détiennent le pouvoir économique ».

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Et si je meurs ?

On dit que les premières civilisations sont nées à partir de la capacité des hommes préhistoriques à mettre en place des rites funéraires pour accompagner les défunts dans leur passage au-delà de la mort.
Sans doute que, bien avant, l’humain s’interrogeait sur les cycles de la vie et de la mort. Sa réflexion et sa manière de s’occuper des défunts ont participé à l’émergence d’une conscience qui a fait de lui un homme et non plus un animal. Cette capacité de penser, cette « spiritualisation » de l’homme, s’est développée au cours des siècles jusqu’à nous aujourd’hui, à travers le temps, les modes de vie et de vivre ensemble, les coutumes, les religions, les spiritualités …
L’épidémie du Covid 19 vient bousculer cet héritage séculaire et universel qui a fait de nous des êtres de chair et d’esprit.

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Il est temps de se « réorienter »

Le soir tombait.
Il pleuvait d’une pluie battante.
Un homme en blanc, boitillant, voûté, s’avance sur la place St Pierre à Rome.
Seul.
Face à lui, une immense place déserte avec quelques individus.
La lumière blafarde bleue des gyrophares de police rend irréel l’événement.
Il parle au Monde suivant l’expression « Urbi et Orbi » (à la Ville et au Monde) par les Médias.
Image saisissante et bouleversante.
La fragilité et l’impuissance d’un croyant démuni portant la souffrance du Monde.
Mais, en même temps, perception d’une immense communion virtuelle avec des croyants et incroyants du Monde entier

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Prière : Risque ta vie et mange ta mort

Comme dans tous les époque de malheurs, depuis la nuits des temps, l’homme ressent le besoin de se confier à une divinité ou une transcendance qui pourrait le protéger. Comme aujourd’hui face à la pandémie du Covid-19. Il y a en lui comme un sursaut, un réveil pour se confier à plus grand que lui quand quelque chose le dépasse ou quand il n’a plus la mainmise sur les événements.

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Le prêtre, un autre Christ vraiment ?

Lors d’une semaine de jeûne récente à laquelle j’ai participé à Sénanque, l’animation spirituelle était assurée par un prêtre très respectueux des appartenances ou non-appartenance religieuses de chacun. La démarche de foi ou de recherche spirituelle dépasse le côté institutionnel  ou religieux;  ce prêtre a su, avec tact et compétence, accompagner les  » 28 pèlerins » que nous étions sur un chemin singulier pour chacun.
Mon propos toutefois ne se situe pas là.  
Lors d’un partage, j’ai tiqué quand il nous a suggéré que l’un des lieu de présence du Christ se situe dans la personne du prêtre. « Pas ajusté et pas tout à fait vrai » me suis-je tout de suite dit ; sans pour autant pouvoir argumenter plus loin en moi; le malaise était là et d’autant plus présent que le débat sur le cléricalisme aujourd’hui dans l’Eglise catholique bat son plein. Et je pressentais que cette affirmation était un aspect (assez subtil, il faut le dire), de cette approche cléricale, dans toute sa splendeur.
Ayant pris le temps de me poser, voici quelques unes de mes réflexions concernant ma perception sur cet état sacerdotal . Elle n’engage que moi, qui suis un peu en marge ou sur les parvis…

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