Salve Regina des bergers du Rouergue

Je reprends ici un vieux post d’il y a deux ans et demi .

Je suis passé à Sylvanès il y a des années au moment de Pâques  et j’ai été touché au cœur par le chant des bergers du Rouergue.
C’est toujours un réel bonheur pour moi de réécouter cette polyphonie et une grande émotion quand beauté et simplicité se conjuguent.
Je vous le propose en cette fête de l’assomption … Séquence émotion…

 Écoutez plutôt …

En polyphonie :

Ce même chant, « nature » . 
A la tombée de la nuit, quand l’étoile du berger commence à scintiller, les bergers et les chiens rassemblent le troupeau pour le retour au bercail dans le vent du plateau. Alors s’élève cette polyphonie de voix des pâtres qui s’interpellent pour chanter le Salve Regina.

site de l’ Abbaye de Sylvanès

L’assomption

Représentation de Marie tenant dans ses bras l’enfant Jésus qui joue du biniou. Les pans de son manteau décrivent des danses bretonnes. C’est une faïence Henriot de Quimper créée par Micheau-Vernez, dans les années 1950. Pour la petite histoire, à la vue de cette œuvre, l’évêché de Quimper avait interpellé le patron des faïencerie, Mr Henriot, lui disant « Mais Monsieur Henriot vous allez être excommunié ! ». Celui-ci , très croyant, a immédiatement arrêté la production. On aura tout vu : un enfant Jésus jouant du biniou !

Nous fêtons ce 15 août l’Assomption de la Vierge Marie. En 1950, le pape Pie XII en a fait un dogme, c’est-à-dire une vérité à laquelle il faut croire. Et qu’y a-t-il à croire ? Que cette femme, est « montée au ciel corps et âme ». Elle a beau être la mère de Jésus, c’est quand même un peu fort de café de croire des balivernes pareilles ! Marie cumule quand même des approches « tirées par les cheveux ». Que ce soit sa virginité, le fait que, simple femme, elle devienne, en plus de mère de Jésus , « mère de Dieu », qu’elle soit née sans péché, immaculée conception, et ici, qu’elle soit enlevée et couronnée au ciel, toutes ces dogmes peuvent laisser pantois les esprits rationnels.

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Comme un parfum d’agréable odeur

Accroché sur le flanc d’un coteau, le village de Puimoisson était au centre de mes préoccupations ces derniers jours. Non pas la paisible bourgade en tant que telle, mais tous les champs qui l’entourent. Nous sommes fin juin, en pleine floraison de lavande, d’immortelles et de sauge qui s’étalent sur des hectares et des hectares et l’heure des récoltes s’annonce.

De toutes ces plantes vont naître des huiles essentielles denses et odorantes qui vont servir à parfumer les corps, à se tenir en santé, à apaiser et calmer le stress de la vie quotidienne, à prendre soin de soi. Mais une des vertus les plus essentielles ne serait-elle pas son odeur qui peut se distiller dans une pièce ou un environnement ? Non pour le seul plaisir des narines mais comme une invitation à vivre une expérience profonde d’ouverture et de simplicité.

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Quiétude

Les cloches égrènent l’heure de midi
à l’église de Champtercier.
Soleil croissant vers son zénith,
tout en jouant cache-cache avec les nuages.
Seul le bruit de mes pas sur l’asphalte vient troubler
le profond silence de ma marche montante vers le Pré du saule
Avec, au loin, le braiement d’un âne et, en écho, le chant du coucou.

Il fait lourd. Mon souffle est court.
Il m’invite à marcher lentement.

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Ukraine

Photo Viktor ANTONYUK/SIPA

Je me crois encore jeune ! La réalité m’a rejoint : au cours d’une randonnées avec des amis je me suis cassé la jambe. Des semaines de repos forcé en fauteuil m’ont permis d’écrire un livre sur la marche. En fin d’écriture, la guerre contre l’Ukraine a été déclenchée par le pouvoir russe. j’ai ajouté une postface à ce livre « là où quelqu’un m’attend » que voici :

 » L’éternité soudain… »

C’est le cœur gros, lourd, que j’écris cette postface. Triste de mon apparente naïveté dans cet écrit, face à ce qui vient de se passer. Tout semble si dérisoire, mes petites histoires personnelles et mes occupations et, en premier lieu, ce livre. Son écriture semble tout d’un coup s’effacer devant l’innommable tragédie. Je viens de le terminer juste avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et pourtant, à le réécrire, je dirai les mêmes mots. Par fraternité, solidarité, compassion. Raison de plus et cordialité en plus. Ou alors, la voie du dialogue et de la diplomatie de l’Europe, sa volonté et son exigence d’apaiser les tensions sont aussi de la naïveté. La naïveté est la pureté et l’audace des simples et des pauvres dans leurs nuits, ai-je écrit page 140.

Comment pouvais-je imaginer qu’il est encore une autre marche ? Elle vient de s’exécuter ces derniers jours, sous nos yeux incrédules. Marche guerrière, marche militaire : la Russie vient d’envahir son voisin. Au mépris de toutes les lois internationales, un dictateur belliqueux, Poutine, veut annexer un pays, l’Ukraine, qui ne veut que la paix et le respect de ses frontières. Qui veut décider par elle-même de ses choix, de ses appartenances et de sa liberté.

A Marioupol, ville dévastée à 90 %, Raïssa Maritain (elle devait avoir sept ou huit ans), racontait son enfance dans cette ville, fin des années 1880, dans son livre « Les grandes amitiés ». Avec sa famille elle fuira elle aussi les pogroms russes contre les juifs.


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A bientôt !

C’est avec un peu de tristesse que je vais prendre mes distances avec ce blog. En effet des problèmes de fatigues visuelles m’obligent à prendre du recul avec les écrans d’ordinateur. Rien de bien grave mais du repos pour mes yeux me fera du bien, dixit l’ophtalmo. J’ai arrêté Facebook (et cela m’a fait prendre conscience de la perte de temps que ça occasionnait !) il y a quelques semaines, mais ce n’est pas suffisant.
J’ai eu du plaisir, énormément de plaisir, à proposer des articles (plus de 160 !) pendant ces trois dernières années. Un peu de tout, des coups de cœur, des coups de gueule, des étonnements des interrogations, des interpellations, …

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« Où se tenir ? »

Géographiquement je me tiens au pied du Pic d’Oise, dans le village à gauche…

Hier, lors d’une visioconférence avec quelques amis, nous partagions nos questionnements en ces périodes de confinement qui nous sortent de l’ordinaire de nos vies. Certains ont pu exprimé leur solitude. Non pas celle liée aux contraintes dues au Covid aussi réelles soient-elles : Plus d’activités associatives, relations familiales concrètes inexistantes du fait de l’éloignement, plus de repas joyeux ou de retrouvailles amicales.  …Tout cela est bien vrai… Mais nous ne nous retrouvions pas pour partager ces banalités, bien que douloureuses pour certains.
Non, la solitude dont il était question entre nous portait sur quelque choses de bien plus profond, plus existentiel, celle inhérente à chacune de nos vies, que nous soyons avec d’autres ou en couple ou en bonne relation de voisinage.

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Les chemins du Sacré

Pour un hebdomadaire chrétien, à l’occasion de la sortie de son livre « les chemins du sacré », Frédéric Lenoir s’est prêté cette semaine à un interview qui m’interroge.
J’ai un peu l’impression que la notion de « Sacré » est la bouteille à l’encre de toute démarche spirituelle ou ésotérique aujourd’hui et que tous les courants religieux de pensée tentent de s’en approprier le sens.
A la suite du théologien allemand Rudolf Otto, F. Lenoir le définit comme « ce sentiment profond, universel, que ressent tout être humain devant le mystère du monde, l’harmonie du cosmos. » Une interrogation de l’homme donc devant le mystère du monde …
Pour ma part, en tant que chrétien je vis une certaine méfiance vis-à-vis du sacré. Surtout quand il est est indifférencié, sans référence aucune à autre chose qu’à soi-même.
Peut-être à tort.

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La Vérité rend libre

Certains m’en voudront de publier cet article et de vouloir remuer, disons le mot crûment, la merde. Mais c’est nécessaire !
En Irlande 9 000 enfants sont morts entre 1920 et 1998 dans d’anciennes maisons pour mères célibataires tenues par des religieuses catholiques selon une commission d’enquête publiée le 10 janvier dernier qui a été  déclenchée par la découverte d’un charnier sur l’ancien site d’un hospice.
Après 5 ans de recherches et d’investigations voici un rapport au contenu qui fait frémir de honte et de dégout …

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La Démocratie en péril

Chacun a pu assister au désastreux spectacle de l’envahissement du Capitole au Etats Unis. Trois choses m’inquiètent : 
– la Démocratie est de plus en plus bafouée et nous constatons son extrême fragilité dans des pays du monde de plus en plus.
– la seconde c’est le soutien de religieux chrétiens dans ce qui faut bien nommer la haine et la division. Avec une certaine forme de complaisance pour les racistes, les suprématistes blancs, l’antisémitisme, l’homophobie. Ce sont des nazis et des fascistes qui naviguent sans état d’âme.
– La troisième c’est la mise à nu des Gafam : on savait, maintenant c’est officiel :  Elles  sont devenues tellement puissantes qu’elles peuvent désormais techniquement « empêcher » n’importe qui de s’exprimer ou tout simplement d’avoir une existence sur la toile, même le président des Etats-Unis. Qui a dit que les politiques avaient encore la main face aux lobbys financiers et médiatiques ?
Qu’est ce qui relie ces trois faces sombres : Perte de démocratie, fascisme religieux et profits honteux d’élites au détriments de la population ?

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