Les trois nuits

Nous voici dans ce que l’Église appelle le « triduum pascal ». Les trois derniers jours de la vie de Jésus. Temps forts pour les chrétiens pour méditer la passion et la mort de Jésus, sa sortie du tombeau, vainqueur de la mort. Je vous partage ma propre méditation ci-après. Bonne fête pascales à tous ! Christ est vraiment ressuscité !

Jeudi soir, nuit où surgit en pleine lumière la véritable tendresse

En méditant le dernier repas de Jésus, nous pouvons imaginer toute l’intensité de l’événement sur le plan émotionnel. Jésus ne se situe plus comme un maître, un rabbi face à des disciples, mais transforme le lien qui les unit : « Dorénavant, je vous appelle mes amis ». Et il en dit le pourquoi : « parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père »[1].

La nuit vient de tomber et les agacements et les exaspérations s’apaisent. Ceux de Jésus vis-à-vis de la clique des grands prêtres aux grands principes qui tiennent boutique et commercent dans le Temple. Ceux de ces derniers qui le cherchent pour le faire mourir car il remet en cause leurs fonctionnements hypocrites.

Temps des hostilités suspendu pour vivre la Pâque, sommet de l’année liturgique des croyants juifs. Avec attention et délicatesse, Jésus a organisé cette rencontre. Il a prévu la salle pour les festivités  et invité ses disciples à préparer le repas. Chez les chrétiens, on retrouve ce souci du beau et de la fraternité au moment de dresser la table pour fêter ce mémorial : napperons blancs, bouquets de fleurs, fond musical, vaisselle des grands jours.
L’heure est solennelle. Un entre-soi croyant exceptionnel pour tous.
L’heure est grave. Non de la gravité pesante d’une situation, mais celle qui dévoile l’essentiel d’une existence.
L’heure est unique. Exceptionnelle, parce qu’elle fait connaître TOUT ce que Jésus a appris de son Père. Ce tout tient en un seul mot : Aimer.

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Hannah Arendt et le rêve d’une fédération post-nationale et post-coloniale

Voici un article de Philosophie magazine que je ne peux que conseiller de lire pour entrer un peu plus dans l’intelligence de ce qui se joue en Palestine à la lumière de son histoire récente, depuis l’installation du sionisme dans les années 1940.

« S’il est une philosophe qui a entretenu un rapport complexe avec l’État d’Israël et la question palestinienne, c’est assurément Hannah Arendt. Juive critique des organisations juives qu’elles accusera en particulier de complicité avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, Arendt appréhende Israël avec un mélange de solidarité foncière et d’inquiétude marquée. Elle s’enthousiasme, sans doute, de l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine – et, à Paris, elle s’occupera dans les années 1930 du transfert d’enfants juifs vers la « Terre promise », ce qui sera l’occasion pour elle de s’y rendre une première fois en 1935. Mais elle regarde avec méfiance la transformation de ce foyer d’innovation sociale et politique en un État-nation lancé dans une guerre sans fin avec les voisins arabes.

En 1961, elle est de retour en Palestine israélienne pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann : si elle approuve l’enlèvement du dignitaire nazi, elle conteste assez ouvertement la manière dont le procès est instrumentalisé, dans un moment où le jeune État hébreu cherche à asseoir sa position, comme un outil pour forger une cohésion nationale. « Le procès est celui de ses actes [ceux d’Eichmann], et non des souffrances des Juifs, il n’est pas celui du peuple allemand ou de l’humanité, pas même celui de l’antisémitisme et du racisme. » Mais, le conflit avec le monde arabe s’exacerbant, la philosophe elle-même se laissera parfois gagner par une forme de patriotisme inquiet. Retour sur un parcours intellectuel et existentiel tout en nuances…. »

Lire l’article en son entier sur Philosophie Magazine. (23 mn de lecture)

Massacre des innocents

« …Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. » Luc 14-33

Cette phrase attribuée à Jésus ne serait-elle pas une invitation à ouvrir les yeux et être lucide sur ce qui se passe entre la Russie et l’Ukraine, entre le Hamas et Israël, au Soudan et dans tant d’autres guerres fratricides ? Parce que les bombardements et massacres des Ukrainiens et des Palestiniens ne mèneront à rien, surtout pas à la paix. A vouloir tuer un moucheron (gros ; il est vrai !) avec des obus et des tanks qui terrorisent, affament et massacrent des populations civiles indistinctement, on ne favorise pas la Paix, c’est le moins qu’on puisse dire !

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Qui est mon frère ?

Tobie rend la vue son père – toile de Claude-Guy Hallé

La liturgie du jeudi 8 juin nous présentait un texte de l’Ancien testament, tiré du livre de Tobie (dans la liturgie catholique, car les Protestants n’ont pas retenu ce livre dans leur bible). L’extrait m’a interpellé. Voila une belle histoire d’amour. Elle se décline entre amis, entre promis et promise, entre mari et femme, entre parents et enfants. Ce ne sont que des extraits, et l’intérêt serait grand de prendre le temps de lire ce court texte en entier. Voici ce qui est monté en moi.

Une lecture superficielle pourrait y voir une belle histoire qui finit bien. A lire de plus près ce texte, des bizarreries surviennent. Je n’en retiendrais qu’une : celle de la fraternité (et de la sororité). Nous retrouvons 5 fois le mot « frère », 3 fois le mot « sœur », 6 fois le mot « fille ». Cette bizarrerie est d’autant plus accentuée que ces mots sont adressés aux uns et aux autres sans tenir compte de la signification réelle du mot. Par exemple, frère pour l’ami ou l’oncle, fille pour l’épouse, sœur pour la fiancée… Toute la structure traditionnelle de la famille ou des relations, avec les rôles spécifiques de chacun, se trouve complètement bousculée.

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J’ai été intoxiqué au chlore

Je suis pour trois semaines en cure thermale à Digne les bains. Un accident s’est déclaré avec une double fuite de chlore et d’acide. (voir article de presse ici) Je relate ici mes impressions lors de ce vécu particulier :

Ce samedi 10 juin, je faisais partie des personnes victimes d’inhalation de chlore et d’acide aux thermes de Digne les Bains. J’ai vécu une expérience de l’intérieur que je vous partage :

Le « Plan Blanc » a été déclenché avec célérité et je voudrais ici saluer les professionnels qui se sont mobilisés.

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Péché originel : j’en veux à Augustin…

Mon expérience de vie, mes formations professionnelles, mes recherches sur le plan humain et spirituel m’ont amené à des convictions qui me font dire que le fond de l’homme est essentiellement positif. En affirmant cela, je me rends compte que je me mets en porte-à-faux avec la tradition religieuse chrétienne qui, depuis St Augustin au IVème siècle, a posé le fondement de la vie chrétienne disant que l’homme naît pécheur.

C’est à partir de ses frasques d’adolescence et de jeunesse (vol de poires en bande, par esprit de transgression et par « simple plaisir de faire ce qui était défendu », passions amoureuses et sexuelles effrénées (« Ce qui surtout me tenait prisonnier et me tourmentait violemment, c’était l’habitude d’assouvir une insatiable concupiscence ») qu’il élaborera, après sa conversion, la doctrine du péché originel. On lui attribuera la détestation du corps, le rejet de la sexualité et du plaisir. Il avait une énergie débordante et un « détail » de sa vie (qu’il rapportera) sera pour lui révélateur : en pleine adolescence, Augustin se faire surprendre par une érection aux Thermes de sa ville de Thagaste . Et l’embarras fut grand quand son père Patricius, « ravi de vanter la vigueur toute romaine de son fils, s’empressa de raconter l’épisode à sa femme Monique, chrétienne fervente, qui, elle, se montra horrifiée.  » Ce fut pour Augustin une expérience importante que cette prise de conscience adolescente des caprices du corps et de la découverte du désir et de la honte.

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René Pinsard

Avec René Pinsard. Je devais avoir 23 ans

Une belle figure vient de s’éteindre  ce jour, à l’âge de 95 ans. Belle figure d’une personne qui savait, comme beaucoup, il y a des décennies, suivre les intuitions qui montaient dans leur cœur. Quitte à susciter des incompréhensions et des rejets. Ils allaient leur chemin, le créaient parfois, au pas à pas de ce qu’ils recevaient à l’intime.

Pendant 10 ans j’ai côtoyé René Pinsard au cœur de Pigalle. 

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Plaidoyer pour la paix

Je constate, dans mon petit quartier, que l’attention que je porte à mes voisins et voisines, (pour démêler des affaires administratives, résoudre des problèmes informatiques, vraiment accueillir un témoin de Jéhovah malgré mes réticences, se soucier des enfants…) favorise un climat de confiance relationnelle, de présence mutuelle heureuse. La Paix dans le Monde débute sans doute par celle de notre cœur et celle dans nos voisinages. La solidarité avec les tout proches n’est-elle pas le chemin de la paix dans le Monde ?
Je viens de travailler avec Adhémar, mon voisin lycéen de 17 ans. Passionné par la vie politique, l’histoire grecque, élu délégué de classe et du conseil d’administration du lycée Pierre Gilles de Gênes.

Il s’était inscrit à un concours organisé par le Ministère des Armées « Les jeunes pour la paix ». Ceux-ci sont invités à « acquérir des connaissances historiques sur la Grande Guerre dans leur région, et à approfondir les notions de guerre et paix en les reliant au monde d’aujourd’hui ».

Adhémar a choisi de faire un plaidoyer pendant que d’autres écrivaient un poème ou s’investissaient dans le dessin ou la peinture. Il est passé me demander conseil après son travail écrit. Nous avons travaillé ensemble, mis en forme son texte et poser les conditions d’une bonne élocution pendant quelques heures. Avec son autorisation, voici le contenu de son travail qu’il a lu devant un aréopage composé de collègues de classe et de représentants de la ville (maire) et du département (conseillers départementaux) et de la nation (préfets et sénateurs), de l’armée, dans une épreuve éliminatoire. Il a obtenu un diplôme dont il est fier aujourd’hui et n’a fait que renforcer son aspiration à une vie politique qui soit de service.

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l’Avenir est ouvert

moi enfant

Sur sa page Facebook, mon ami Jean Lavoué invite à participer à un projet initié par  Yin Xiaoyuan sur le thème  « une photo de soi enfant, un poème » ! Il a lui-même répondu à l’invitation et écrit son poème.
Bien que je ne sache pas comment y participer, voici ce qui m’est venu. Car je n’ai pu résister à cette proposition !

Je suis là, assis sur le seuil,
ni dedans, ni dehors,
Et pourtant ouvert sur le monde,
tournant le dos au nid sécure.

Je suis là, confiant, en la magie de cet œil
qui imprime son image dans la pellicule
et, derrière l’appareil, regard de mon père ? De ma mère ?
Aujourd’hui, je me reçois d’eux.

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Jacques Gaillot, « L’évêque des autres »

Beaucoup de tristesse à l’annonce du décès de Jacques Gaillot. Certains l’appelaient « l’évêque des autres », d’autres « l’évêque des pauvres ». Sur les réseaux sociaux le mot « contestataire » revient régulièrement. Il a eu droit à des éloges appuyés de la part de ceux qui ont pris le parti des pauvres, des migrants, des méprisés, des exclus (voir les journaux Libération, l’Humanité…). Par contre, La Conférence des évêques de France (CEF) s’est fendu d’un bref communiqué de 5 lignes disant que ses membres « au delà de certaines prises de position qui ont pu diviser, nous nous rappelons qu’il a surtout gardé le souci des plus pauvres et des périphéries. » Langue de buis dans toute sa splendeur !

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