Le Lac d’Allos

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Lac d’Allos

Il est des lieux comme des hommes : soit désolant d’insignifiance, de banalité et de platitude,  soit inspirant et invitant à  l’intériorité pour peu que l’on sache faire silence et contempler ce que ces lieux et ces hommes donnent.
Le chemin-passage vers cet essentiel de Vie est long.
 Apprendre à  saisir ce Kairos, ce moment opportun, pour s’ouvrir à  l’inentendu et fuir ceux qui peuvent (ce qui peut) nous dévitaliser.
La rando d’hier à été pour moi un de ces temps propice à cette ouverture. Pour ceux qui connaissent le lac d’Allos, il savent de quoi je parle.
Lorsque le paysage se découvre après une petite heure de montée, je suis à chaque  fois émerveillé  de la beauté  du site.

Tout de suite se dit en moi une invitation à la contemplation et au silence. Comme un jaillissement : les deux en même temps comme se donnant naissance l’un l’autre dans un même souffle pour m’inviter à m’asseoir et me réjouir intérieurement.
La gratuité (même racine que grâce, gracieux) de ce qui m’est donné à voir et à entendre n’est pas de l’ordre de l’abstraction ou de l’évasion. C’est du concret, du palpable, du vrai, du beau, du bon.
Les dernières fleurs d’épilobes qui s’effilochent en duvet,  les sonnailles des brebis sur les flancs du lac qui s’égrènent dans les airs, les cris d’alerte des marmottes qui se fondent un instant dans la rocaille (pour la forme on dirait !), les partages à voix basse des randonneurs tant ils sont conscients de la majesté du lieu à protéger,  le frémissement du vent sur l’onde, tout m’invite à une profonde communion avec ce qui m’entoure.
Silence d’émotion…

Vie mystique en toutes choses ?


Serait-ce une expérience de ce qu’on nomme Dieu ?
Dans ces moments d’intensité de Vie, de bonheur simple, de « grâce gratuite », j’aime nommer ce Dieu : « Père  ! » Ou mieux : « Notre Père ! » Car il me met bizarrement en communion fraternelle  (et comment ? … je ne sais…) avec tous ceux et celles qui (n’ayant pas cette chance) sont confrontés  à la laideur, au vacarme,  aux bruits de fond intérieurs personnels qui défigurent ou tout bonnement avec ceux qui ne savent pas que la Transcendance se dit dans l’immanence des êtres et des choses… Sans oublier ceux et celles pour qui le silence semble si insupportable qu’ils le meublent par des logorrhées continuelles, épuisantes pour l’entourage parce que souvent inhabitées.
« Voir Dieu en toutes choses, y compris dans un petit brin d’herbe, là est la vraie mystique «  disait Florin  de La Roche d’or.
Simple en fin de compte !

S’ouvrir à la Présence


Peut-être  que j’ai à grandir dans cette Présence intérieure à laquelle m’invitent la nature et ceux-là en avant de moi, à me libérer de tout discours moralisant et dogmatique engoncé dans des religions et des idéologies épuisantes.
Apprendre à voir en fermant les yeux (si, si !) et écouter le Silence (eh oui !) pour « dire avec des mots de premier jour ce qui n’a pas encore déchiré le voiles de nos surdités » et
 » comprendre sous l’eau des silences le murmure de la source inentendue » (Jean Lavoué ).
Les « lac d’Allos » ne manquent pas : ce sont un sourire, un paysage marin, des cieux changeants, un geste d’enfant, un jardin habité, une œuvre d’art, une parole de compassion qui redresse au cœur d’un non-sens, une balade au bord d’une rivière ou dans la campagne …

En marche pour les découvrir  !

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