Taminou, le Migrant

partager

Un migrant vient de mourir de froid dans les Hautes Alpes ce 12 février. Un de plus, fuyant les répressions policières . Voir ici.
Je lui dédie ces quelques lignes. (Il y sera question de « Chandourène » c’est un lieu d’accueil de migrants à Champtercier qui est sur le point de fermer).

Alpes : des militants d'extrême droite bloquent le col de l'Échelle, point de passage de migrants

Aujourd’hui, en France, la solidarité est un délit
De l’ inhumanité du pays dit « des droits de l’homme »
tu as payé le prix.
Dérisoire !
en chaussettes, tu as laissé ta vie.
Abandonné dans un fossé
avec pour linceul le blanc et froid manteau de la neige.
et pour souvenir de toi une « enquête » qui n’aboutira jamais…
Ainsi va dans mon pays la « chasse aux étrangers » !!!!
Même si au prix de leur tranquillité les maraudeurs solidaires
tentent de donner dignité et secours au réfugié.

Face à l’indifférence, tes frères impuissants
ou apeurés par les rares passants
ont lancé un appel au secours.
En vain !
2 h pour que la police réagisse…
Est-ce du à la froideur de l’hiver ou à celle de certains Français que tu n’es plus ?
Ton frère a poursuivi le chemin,
Boule au ventre, avec d’autres,
Il a maudit cette violence gratuite en pleurant l’amitié perdue
façonnée par les détresses affrontées ensemble.

Ici à Champtercier,
L’étranger qui survit
a trouvé son abri
Il s’est posé,
enfin,
après tourments et défis.
Pourtant, il va,
affrontant déjà son lendemain.
Ici, de la Vie, il fait son miel.
Comme d’autres,
en d’autres lieux
Où la froide administration les mène.
Brève escale au Centre d’Accueil de Chandourène
comme aux portes du ciel
Lui est donné de retrouver force et santé.

L’ailleurs l’appelle.
derrière l’apparent sommet
d’autres horizons se dévoilent en nouvelles montées.
Après les sous-bois protecteurs, quels mondes inconnus se dessinent?
Au détour du chemin, quelle fraternité met en avant ?

Sortir,
Aller,
Avancer,
Toujours plus loin,
Avec, au creux des mains,
L’image-photo de ceux qui, là-bas, sont restés.
Il ne peut -ne doit pas-, les oublier.
Pauvre icône d’un père, d’un fils, d’un frère, d’une mère
Qui comptent sur lui et espèrent.

Sur terre d’exode,
En chemin d’exil,
Migrant, mon frère,
En passant,
tu me dis sans mot
que la solidarité
est notre chemin d’humanité,
que notre survie commune passe par la fraternité .

Taminou, là où tu es
pardonne-nous notre indifférence,
aide-nous à réagir pour que l’humanité grandisse entre les hommes
et repose en paix !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.