Livrer ensemble le combat écologique

J’ai posté récemment sur le groupe Facebook de Digne-les-Bains un article de Reporterre sur la gabegie que serait le Rallye de Monte Carlo sur le plan écologique. Avec une simple question de ma part : « D’accord ? Pas d’accord ? »
Les réactions passionnées et passionnelles (je n’ai jamais eu autant de commentaires ! plus de 120 ! ) m’ont beaucoup interrogé.D’abord, et c’est une bonne nouvelle, le sujet est d’actualité et intéresse mes concitoyens. C’est vrai qu’il nous concerne tous. Personne ne semble indifférent à la problématique environnementale.
En scrutant un peu plus le contenu des réactions, on peut dégager -ce n’est pas un scoop !-, les pros et les anti-écologistes. Le clivage est fort entre eux et le dialogue semble difficile.
Je voudrais m’attarder un peu sur ces derniers, sans porter de jugement, en faisant quelques constats personnels, au risque de me méprendre :
– il y a un déficit manifeste d’informations. L’effondrement annoncé n’est guère perçu comme réel, actuel. Pour certains, aucune prise de conscience ne semble faire surface et c’est le dernier de leur souci. Les réactions me semblent épidermiques et immédiates, d’ordre sensible, sans recul de ce que dit l’autre.
Dans ce cas, les commentaires reflètent  la légèreté des propos, l’indifférence, la moquerie et une certaine forme de violence face à « ces écolos qui nous font ch… »

Mes réactions

– A mon avis, trois réactions en grand nombre se dégagent également de ces commentaires :
– celle du report d’un choix écologique sur les autres : les grandes entreprises, l’Etat, les collectivités, les bateaux qui polluent plus, le tour de France, etc… Eux, ne font rien, donc on ne voit pas pourquoi le commentateur ferait sa part de gestes écologiques.
– la banalisation de certaines activités. Un Rallye, par exemple, ce n’est rien par rapport à ceux qui polluent encore plus.
– une impuissance personnelle à faire bouger les choses : à quoi bon se bouger si je suis seul à le faire ! et comment le faire.
On trouvent chez les tenants de ces discours une vraie perception de l’enjeu environnemental mais apparemment aussi un refus de se remettre en cause ou de se mettre en route ou une incapacité à le faire.
Les discours de « responsabilité » (l’avenir, les enfants, la qualité de vie, l’urgence de la situation, le bien-être …) ne semblent pas avoir de prise et provoque comme un report des décisions et des actes à poser. « On verra plus tard ».
« Tant que je ne suis pas directement touché je ne suis pas concerné » semble être le mantra de beaucoup…

Mes interrogations

D’où mes interrogations à partir de ces 3 attitudes. (Vous en avez lu peut-être d’autres). Elles n’engagent que moi. Prenez-les comme interrogations et non affirmations péremptoires. Je vous les partage :
1) Elles concernent d’abord notre vivre-ensemble. La question n’est pas d’abord (bien qu’importante) « qu’est ce que je peux faire ? Qu’est ce que je veux faire ? … ou pas ? « , mais, me semble-t-il, face au problème du dérèglement climatique, « suis-je concerné à titre personnel ou à titre collectif ? » Car le combat qui s’annonce de manière cruciale dépasse les propres forces de chacun et relève de la collectivité dans son ensemble. C’est tout le corps social mondial qui est concerné ; celui d’aujourd’hui et à court et long terme.
Certains citoyens déjà en pâtissent plus que d’autres. Surtout les plus exposés et les plus démunis.
Question : Sommes-nous responsables, à notre mesure -bien petite il est vrai, sommes-nous responsables que de nous-mêmes mais aussi de ceux qui nous entourent ? Ici réside toute la différence entre l’intérêt personnel, l’intérêt général (où certains restent sur la touche)  et le bien commun (où TOUS pourraient accéder à une qualité de vie).
Car, ce que je crois, c’est que nous passerons le cap ou les épreuves tous ensemble ou nous ne les passerons pas : l’enjeu est tel qu’il ne permettra pas de demie-mesure ou des réponses individuelles.

2) Elles concernent ensuite la nécessaire unité indispensable pour prendre à bras le corps (le Corps ?) l’enjeu climatique. Unité des personnes à tous les niveaux (personnel et du local au mondial). Beaucoup de commentaires du post disent la division, le chacun pour soi, l’indifférence ou le report sur d’autres des engagements à faire.
Certains sont positifs et s’interrogent : Comment avancer dans ces cas là ? Pour qui est un tant soit peu lucide sur les enjeux et leur urgence, effectivement seul on ne peut qu’être désemparé. On constate qu’on ne peut plus compter sur l’Etat, trop occupé à travers ses élites à se remplir les poches pour faire face à la catastrophe annoncée (du moins pensent-ils qu’ils s’en sortiront ainsi).
Seules, je crois les sociétés civiles pourront prendre la relève. Elles le font déjà à travers tout un réseau d’associations. Elles nous invitent à les rejoindre dans cette cause « commune » pour faire corps, faire bloc dans cette adversité. En allant voter également pour mettre les décideurs face à leurs responsabilités dont ils connaissent les enjeux.

3)  Elles concernent encore quelque chose de plus subtil, c’est le détournement des responsabilités personnelles sur d’autres. Le report sur les autres devient la référence. « Quand ils bougeront, je bougerai ». Pourquoi subtil ?
Parce qu’on ne s’aperçoit plus que cette référence à autrui, nous déresponsabilise et surtout justifie notre possible inaction individuelle. Chacun est comme dépossédé de sa propre conscience en s’alignant sur « les autres ».
« Les autres » deviennent alors le barème de la vie personnelle ???
Aurions-nous perdu notre capacité de discernement et de décision ?
Dans une démarche spirituelle (ou religieuse, toutes religions confondues), si, ici, certains sont croyants ou « en recherche », ou simplement homme ou femme, rappelons que cette attitude relève de ce qu’on peut appeler refus, faute morale, péché, égoïsme ou individualisme… chacun mettra son appellation comme il l’entend suivant ses convictions humanistes ou religieuses.
Nous sommes solidaires et responsables de l’avenir. Que nous le voulions ou non.

Notre dignité d’hommes et de femmes, notre fierté se situe surtout à ce niveau de fraternité (un des trois piliers de notre République) et d’engagement. A ce titre, c’est notre affaire à tous; qu’on le veuille ou non; qu’on le reconnaisse ou pas; que çà nous dérange ou pas.
Et c’est pour cela qu’à titre individuel nous pourrions commencer (si ce n’est déjà en route) à faire ce que nous pouvons, avec lucidité, pauvrement, mais uni avec des milliers de terriens qui en font l’affaire de leur vie et de celle des autres. « Ensemble tous ensemble ! »

Et vous, qu’en pensez-vous ?  Je reprends ma question du précédent post :  « D’accord ? Pas d’accord ? »
Les commentaires constructifs et les interrogations sont les bienvenus. Évitons les anathèmes ….
Merci d’avoir pris le temps de me lire !

Pic de Couard, dans une aube prometteuse…

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