Se faire vacciner ou pas ?

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Le vaccin qui se profile réjouit ou fâche selon qu’on se situe pour ou contre. Les arguments des uns et des autres me semblent sensés… avec le même refrain face à « l’adversaire » : « si tout le monde faisait pareil… »
En gros, et pour faire simple : pour les pour : pour se protéger et arrêter la pandémie; pour les autres, contre : pas assez de recul pour un vaccin qui n’en n’est pas un mais relève d’une thérapie génique qui n’a pas fait ses preuves. C’est une première dans l’histoire de l’humanité.
Je ne veux pas ici prendre de position et jeter de l’huile sur le feu des rancœurs, des animosités ou des diktats.
mon propos est ailleurs : dans les deux cas, l’accent est souvent mis sur une démarche individuelle … pour se protéger personnellement. Ici encore je comprends le souhait de chacun. Les injonctions gouvernementales concernant le confinement allaient en ce sens : se protéger soi pour protéger les autres, surtout les plus démunis. Mais force est de constater que la majorité de la population entendait  « se protéger soi » et occultait presque complètement le « protéger les autres ». Comment garder raison et prendre une distance réfléchie sur ce qui se passe ? Car tout devient confus, brouillé, incohérent…

Un indispensable effort collectif

Je crois qu’il est urgent de prendre en compte la dimension collective et de sortir d’un souci par trop individualiste Il nous faut saisir la nécessité de notre interdépendance : je protège les autres et les autres me protègent. sinon, je peux contaminer les autres et les autres peuvent me contaminer. Difficile de s’en sortir… !

L’effort collectif en 2020 a été beau et solidaire. Malgré les exigences, les ratés, les découragements.  On a tous en tête  le souci et le soutien des soignants; les errances d’un gouvernement qui s’autoproclame technicien de santé et patauge dans une gestion calamiteuse des masques, des tests et aujourd’hui des vaccins par un conseil de guerre antidémocratique. Tous ces efforts ont  fait qu’ une population a sombré dans ces 10 mois dans l’épuisement, la solitude, les problèmes affectifs et familiaux : plus de travail pour beaucoup, relations de violences au sein des familles confinées, et chez les jeunes vie amoureuse effacée, vie sociale, amicale et festive disparue.

Un choix cornélien

Aujourd’hui, c’est donc la question de se faire vacciner ou pas qui se pose pour beaucoup. A mon avis il nous faut tenir deux impératifs pour décider :
– Notre libre arbitre pour, en conscience, juger librement de la décision à prendre. Il s’agit d’user de notre liberté, celle éclairée par nos droits et nos devoirs; pas les uns sans les autres. Cela suppose une information la plus objective, respectueuse et tolérante possible : difficile en ces temps de manipulations médiatiques que nous assènent de part et d’autres les tenants des deux courants pro et anti vaccin. Cela suppose aussi une analyse de nos situations personnelles : maladie, fragilité physique, intolérance aux produits, etc…
« Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l’Etat te le demande. » affirmait  A. Einstein 
On peut se poser la question de savoir si chacun individuellement est prêt à entendre cette voix intérieure qui l’ invite à dépasser ses peurs, ses (in)sécurités, sa tranquillité … et donner priorité à ce qu’est la Vie, la sienne d’abord en ce moment précis de son existence.

 – la prise en compte de la démarche collective et du bien commun. Que je le veuille ou non je m’inscris dans cet être-ensemble qui nous constitue. C’est pour moi l’argument qui doit emporter la décision de chacun en cas de doute ou d’hésitation… que ce soit le vaccin ou un confinement volontaire.

Un appel du Pape François

Face à « l’incapacité à agir ensemble » (volontairement entretenue ?), le Pape François a déclaré que les effets de la crise sanitaire montraient que le besoin d’unité mondiale était plus grand que jamais et il a appelé les dirigeants mondiaux à garantir à tous un accès sans entrave aux vaccins contre les coronavirus. « A tous », veut dire dans sa bouche, y compris les pays pauvres et en ayant le souci du bien commun, sans favoriser les enjeux politiques ou financiers même s’il déplorait que certains états aient « hypothéqué leur peuple ». 
Les dirigeants ne sont pas oubliés : «si les politiciens mettent davantage l’accent sur les intérêts personnels que sur l’intérêt commun, ils ruinent les choses »… . « En ce moment, toute la classe dirigeante n’a pas le droit de dire moi. Elle doit dire nous et chercher l’unité face à la crise »….
« … Après la crise, «le ‘nous’, le bien commun de tous, doit prévaloir« …. « L’unité est supérieure au conflit. Les conflits sont nécessaires, mais à ce moment-là, ils doivent prendre des vacances. Il faut souligner l’unité, du pays, de l’Église et de la société »

« En ce moment de l’histoire, marqué par la crise écologique et de graves déséquilibres économiques et sociaux que la pandémie de coronavirus n’a fait qu’aggraver, il est d’autant plus important que nous nous reconnaissions comme frères et sœurs ».
Face au vaccin, il déclare : “il y a un négationnisme suicidaire que je ne saurais pas expliquer, mais aujourd’hui il faut se faire vacciner”. “Je crois que d’un point de vie éthique tout le monde doit se faire vacciner, c’est un choix éthique, parce ce qu’on met à risque sa santé, sa vie, mais aussi la vie des autres”.
Qui sont plus particulièrement ces autres ? Les personnes fragilisées : sans emploi, sans toit, sans affection, les enfants et les personnes du troisième âge, les malades et les personnes fragilisées, ceux et celles qui s’épuisent dans les métiers dits indispensables : soignants, petits commerçants, enseignants, caissières … Ils sont tous à prendre en compte dans notre réflexion.
Pour autant, il n’explique pas pourquoi son appel à se faire vacciner si ce n’est « ce  » choix éthique, parce ce qu’on met à risque sa santé, sa vie, mais aussi la vie des autres… » Mais l’inverse, en l’état des connaissance et du manque recul sur les effets du vaccin, est tout aussi vrai…

De réelles inquiétudes

Julien le Conte analysait les débats ainsi (je recommande son article – on peut s’inscrire à la newsletter) : « … dans la crise sanitaire actuelle, je voudrais vous faire partager mes vives inquiétudes sur la tournure que prennent des débats, documentaires, vidéos, articles etc. à propos de la pandémie et de son traitement. « Nous assistons à une perte de rationalité, et pire encore à son refus manifeste. Ce phénomène est répercuté dans toute la société par la diffusion démultipliée de l’information permise par les multiples canaux de la Toile. Dans la situation actuelle, cet abandon de la rationalité atteint un niveau d’hystérie dont les dégâts sont déjà visibles, et qui augurent d’une société post-Covid encore plus fragmentée que l’actuelle… « 

Je partage son inquiétude et le vent de folie (de violence ?) qui règne désormais dans les débats médiatiques qui se déversent jusqu’à la nausée et l’hystérie collective.

Mourir vivant

L’émotionnel est à son comble. Le renvoi de chacun à lui-même le pose dans l’anxiété, le doute, la peur, la déstabilisation. Qui croire dans ces parties de poker menteurs ?
Pour ma part je ne me poserai pas en donneur de conseils. Le choix est cornélien. Le mien se fera à travers les deux exigences citées plus haut : celle de ma santé personnelle au moment où la possibilité de se faire vacciner se présentera et celle du bien collectif.
L’usage de ma liberté dépendra aussi des contraintes gouvernementales : on prône la liberté de se faire vacciner ou pas tout en mettant des barrières : pas de vaccin = plus de possibilité de circuler, de prendre l’avion ou le train, confinement obligatoire, courses impossibles, participation à des activités associatives diverses refusées sans le fameux sésame…
Rester sur la touche de la vie sociale n’est pas non plus la panacée…
Bonjour les dégâts psychologiques dans les mois à venir et la foire d’empoigne qui s’ensuivra…

C’est dans la tête que ça se passe : chacun, de chaque côté, se croit agressé dans sa liberté, son intégrité ou son autonomie personnelle.
A tous, j’invite : « vivez de la Vie vivante ! » et si vous ne le pouvez pas, au moins « mourrez vivant ! » Pour cela, déconfinons nos esprits ! et posons un acte de liberté : décidons à notre niveau personnel de vivre dans la paix quelque soit le choix que nous poserons, sans amertume; et à un niveau collectif de vivre dans un souci d’unité et de fraternité.
Et ne restons pas seul ; partager les uns avec les autres dans une écoute et une tolérance mutuelle. On ne peut réfléchir seul à ces enjeux. Les avis des autres peuvent être lumière pour décider en connaissance de cause et en liberté face à ce qui relève de ce qui est mon bien ET celui des autres. Mission impossible ?

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